MOONLIGHTS
RPG Science-Fiction / Fantastique. Avatars illustrés. Tous âges et niveaux. Pas de minimum de mots.
2107. Terriens et Lunariens vivent dans la paix, sous le signe du partage et de l’évolution. Grâce à la lumière lunaire et aux sélénites, les humains commencent à développer les mêmes pouvoirs que leurs cousins. Pour la première fois cette année, après un siècle et demi d’histoire complexe entre la Terre et la Lune, le tirage au sort a désigné un Lunarien pour prendre la tête du Conseil de la Fédération Terrienne. La nouvelle est clivante : si certains y voient une belle progression à l’avenir, d’autres redoutent les contestations ou même des luttes de pouvoirs en ces temps troublés. Sous Terre aussi, chez les Endogées, les opposés s’affrontent, entre régression et idéalisme. Alors que chacun essaie d'avoir sa part du gâteau, votre aventure commence ici : qui serez vous ?

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Lorelai Helena Nilsson - "I’m not heartless, I’ve just learned how to use my heart less."
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Mar 21 Fév - 22:08
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Genre : Féminin
Occupation : Journaliste et communiquante.
Habitat : Ys.
Pouvoir : Polymorphie
Joué par : Lyxiae
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Sujet: Lorelai Helena Nilsson - "I’m not heartless, I’ve just learned how to use my heart less."
Lorelai H. Nilsson
feat. Yennefer de The Witcher.
Nom : Nilsson
Prénom(s) : Lorelai
Age : 51 ans.
Genre : Féminin
Orientation Sexuelle : Fluide.
Peuple : Lunarienne.
Pouvoir : Polymorphie.
Métier : Journaliste, écrivaine et experte en communication et direction artistique.
Lieu de vie : En Ys.

 


«I’m not heartless, I’ve just learned how to use my heart less. »
PHYSIQUE
Plus qu’une couleur, le noir est un concept que Lorelai incarne dans la totalité de son être. Son physique trahit sa nature de Lunarienne sans que le moindre doute ne se pose.

Lorelai Helena Nilsson semble issue de l’infinité sombre du ciel. Sa longue chevelure, remarquable, est d’un noir profond, presque surnaturel, et vient contraster radicalement avec sa peau diaphane. Tout dans son aspect physique, jusqu’à ses choix vestimentaires, vient s’ajouter à cette thématique bichromatique. De noir et de blanc, la lunarienne est vêtue, de noir et de blanc elle s’entoure, comme retrouvant dans ces teintes un univers personnel, rassurant. Peu importent les matières, peu importent les éléments, toujours, du noir, et du blanc. La seule exception réside dans ses yeux d’un violet, preuve manifeste de son appartenance à la peuplade Lunarienne.

La cadette Nilsson semble taillée dans le marbre, tant son visage est fait d’égales proportions et d’arêtes uniformes. Elle n’est pas de ces beautés qui se manifestent par un détail inhabituel et qui donnent du naturel. Chez Lorelai, tout n’est que maîtrise, ce qui en fait une beauté froide et surnaturelle. Une sculpture de maître vivante qui effraie autant qu’elle fascine. Autant que sa carnation, son regard et ses traits sont froids. A un point tel que sa voix chaude, presque rauque, surprend.

Toujours de noir et de blanc, Lorelai prête une grande attention à sa façon de se vêtir. Toujours ajustés, toujours sur mesure, ses vêtements ne sont jamais de travers, jamais froissés. L’élégance est pour elle une valeur, et son aspect, calculé au cheveu près. Ses mains sont par ailleurs très souvent gantées, et elle a une affinité toute particulière pour les bottes.
PSYCHOLOGIE
Il faut être la plus intelligente, la plus cultivée, la plus belle et surtout, la meilleure en toutes circonstances. C’est avec sur un tel leitmotiv que s’est basée toute l’éducation et donc, tout le développement de Lorelai. Et c’est ainsi que furent élevés les Nilsson depuis les origines de cette famille qui, depuis toujours, se gargarise de l’excellence et de la respectabilité de ses membres. C’est même de là qu’est né ce besoin irrépressible, inconscient même, de convaincre les autres de sa valeur.

Elle l’aura bien caché, ce besoin là, derrière ses catastrophes et ses tendances à la désobéissance, tant plus jeune qu’à présent. Ce qu’elle désire le plus au monde, finalement, c’est qu’on reconnaisse ce qu’elle vaut pour elle même, ses valeurs, ses choix, et non pas le modèle arbitraire que l’on attend des Lunariens, en particulier des Nilsson.

La cadette des Nilsson n’a pas vraiment choisi, elle a pris de cette éducation le meilleur, comme le pire. Elle est intelligente, a l’esprit vif et se montre assez clairvoyante d’une manière générale. Le savoir est pour elle comme une nourriture qu’elle engloutit jour après jour, en quantité. Cette intelligence, cette culture immense, tout cela n’est pas venu naturellement. Car la sévérité de de ses propres exigences envers elle même a certes l’avantage de garantir l’excellence, mais au prix de grandes insécurités. S’auto-convaincre jour après jour qu’elle ne sait rien et s’abêtit de jour en jour fit de Lorelai une personne sans cesse en quête du savoir qui lui manquait.
Lorelai refuse de ne pas savoir quelque chose. Tout ignorer d’un sujet est pour elle un aveu d’échec, ce qui est impardonnable chez les elle. Aussi, elle niera catégoriquement ne pas savoir quelque chose, et compensera par des heures de recherches sur ledit sujet, au point même de connaître les moindres détails inutiles. Cela fait d’elle une personne très minutieuse, qui note tout ce qu’elle voit et apprend, rigoureuse, perfectionniste, et également très ambitieuse.

Plusieurs notions essentielles à la compréhension de Lorelai découlent de ces simple faits. Tout d’abord, elle veut toujours tout expliquer. Exigeante envers elle même comme vis à vis des autres, elle accepte difficilement la faute et ne pardonne jamais gratuitement les trahisons, même minimes.

Également, elle intellectualise tout, beaucoup trop. Si un comportement lui semble anormal, elle poussera la réflexion jusqu’à se perdre dans des considérations inutiles, plutôt qu’arriver à la simple conclusion que la personne est bête, ou impulsive. Pour elle, chaque conséquence a une cause qui se doit d’être logique, et légitime. Ce qui lui donne un sens de la justice hors des modèles existants. Par ailleurs, la morale est une notion qu’elle outrepasse très facilement, et qui n’est que très rarement un obstacle. Entendre par là que si son avis, sa considération du monde diffère de la morale commune, elle tiendra compte de sa vision du monde en priorité. Elle est pourtant très loyale et tendre vis à vis des gens qu’elle choisit, triés sur le volet, ou imposés par son vécu. Son frère, par exemple, incarne tout ce qu’elle condamne et pourtant, c’est toujours avec une grande chaleur qu’elle lui tient la main et le rassure, à chaque nouvelle peine de coeur.

Imaginative, avec une capacité d’abstraction assez remarquable, elle passe parfois pour une grande idéaliste. Parce que son rêve, c’est de changer le monde, tout en étant prise très au sérieux. C’est pourquoi elle se donne toujours à fond dans tout ce qu’elle fait, quitte à se mettre à dos son propre père. Et quitte à être incomprise. Elle n’hésite même pas à bousculer les gens, les sortir de leur zone de confort, et jouer les crédules. Souvent, elle fera exprès de prendre ce qu’on lui dit au premier degré pour déstabiliser ou démontrer l’absurdité du propos de quelqu’un.

Ensuite, Lorelai est revancharde, d’une façon bien personnelle. Si quelqu’un la blesse, ou la déçoit, Lorelai trouvera toujours une façon de prendre sa revanche. Une fois ceci fait, elle passera à autre chose et la blessure sera totalement refermée, et ce, définitivement. Oeil pour oeil, dent pour dent. Les compteurs seront alors remis à zéro, et elle ne tiendra plus compte de rien dans les relations futures, ce qui peut être très déstabilisant pour son entourage. La vision du monde de Lorelai est extrêmement cynique et elle s’applique à faire de sa vie un exemple de stoïcisme. Puisque les gens seront amenés à la blesser, pourquoi leur donner la satisfaction de se flageller ensuite ? La cadette des Nilsson sait qu’elle est parfois très inadaptée, et fait le choix d’en jouer.

Enfin, Lorelai est compétitive. On lui a appris qu’elle devait être la meilleure, elle se doit donc de l’être. Elle a tendance à voir ses homologues comme une concurrence systématique, ce qui la mène à en faire inconsciemment des rivaux. Lorelai se fait donc une fierté d’être doublement meilleure que les autres, plus cultivée, plus élégante, plus clairvoyante.

On ne peut pas dire que Lorelai soit véritablement froide, sans coeur, sans émotions, ni qu’elle ne se laisse jamais guider par son coeur, car son intuition est son outil en lequel elle a le plus confiance. Non. Elle essaie simplement, de toutes ses forces, de coller à cette image de perfection inaltérable qui est depuis toujours son but à atteindre.
HISTOIRE
Ce serait mentir, vraiment, que de dire que je n’ai pas la moindre responsabilité dans le conflit que je vis aujourd’hui.


Chapitre 1 : Prélude.

Vous savez, essayer de raconter son point de vue sur une partie de sa vie est difficile parce qu’on se targue souvent d’être le plus objectif possible. Ce n’est pas mon cas : j’accepte volontiers la subjectivité. Et c’est tout à fait subjectivement que je vais énoncer ce qui suit : je n’étais pas à proprement parler un enfant heureuse. Ce qui ne veut pas dire que mon enfance n’était pas faite pour me combler, loin s’en faut. J’avais tout pour me plaire, une famille extrêmement bien placée dans la vie Lunarienne et Terrienne - ce qui n’était vraiment pas donné à tout le monde à cette époque -, des projets d’avenir plein la tête et celle de mon père, de l’argent pour les réaliser. Le seul hic, c’était mon caractère, et le clash inévitable qu’il provoquait face à la situation de la Lune. Oui, je suis née pendant la colonisation et, non, je n’ai pas connu la vie Lunarienne d’avant. Pourtant, née en pleine période coloniale j’ai su dès le plus jeune âge percevoir les injustices dans cette situation, on n’a pas eu à me l’expliquer. Parce que, sans vantardise aucune, j’ai l’oeil, et un instinct assez fiable. Mes parents ont cru bon de me faire croire des balivernes, un peu comme on peut vous faire gober, à vous les terriens, cette histoire de Père Noël. Eh bien moi, c’est les histoires de gentilles autorités Terriennes qui agissent pour mon bien, qu’on a essayé de me faire avaler. Des couleuvres, rétrospectivement.

Je pourrais vous parler d’horribles agressions, d’abus de pouvoirs sur la place publique, grands événements marquants de l’histoire de la colonisation Lunarienne pour évoquer la fois où j’ai compris que je n’étais pas l’égale de ces étrangers qui venaient piller nos Terres. Mais non. C’est une anecdote des plus simplistes et innocentes qui m’a fait réaliser, dès mon plus jeune âge,tout ce qui deviendrait le combat de ma vie, ce combat pour l’égalité, et la liberté.

Je devais avoir neuf ans quand ça s’est produit. J’avais l’habitude de passer mes après-midis dans le centre de Lunaria - que les Terriens appelaient Sélénys à l’époque. Pas loin de Neo-Selenys d’ailleurs. Je passais le plus clair de mon temps libre à la sortie des cours avec mon frère et deux enfants Terriens. Si je peux avoir l’air féroce aujourd’hui il faut comprendre que je n’ai jamais rendu les enfants responsables de cette situation, et faisais de mon mieux pour me lier à eux. Quoi qu’il en soit, j’aimais passer du temps là-bas, à braver les interdits, jouer à répondre aux défis que l’on se lançait. Rien n’est trop pour moi. Chaparder des objets dans le Temple de la Lumière ? Facile. Faire des faces aux adultes qui travaillaient sur la grande place ? Pas de problème. Nous faire entrer au nez et à la barbe des gardes dans le quartier de Neo-Sélénys pour aller jouer chez mes amis terriens ?

Fastoche. A priori.


Fastoche aussi de se faire attraper par les multiples gardes - Lunariens, saisissez l’ironie - qui surveillaient les rues. Parce que, si aujourd’hui c’est un peu plus souple, à l’époque, il était formellement interdit aux Lunariens d’entrer dans le quartier Terrien. Il n’a pas fallu plus d’un quart d’heure pour que les collègues de celui devant qui nous sommes passés par la ruse nous rattrapent. Nous arrêtent, et nous accusent d’avoir profité de la naïveté de nos amis Terriens. C’est la police Terrienne qui nous a ramenés chez nous, mon frère et moi. C’est lorsque j’ai vu mon père s’excuser platement et user de toutes sortes de ruses pour me sortir de cette situation désastreuse que j’ai saisi l’injustice. Moi, Lunarienne, je n’avais pas le droit de marcher en terre Lunaire et même, j’étais considérée comme de la mauvaise herbe par défaut. Et mon père, l’un des citoyens de marque de la ville, un Lunarien puissant, devait se mettre à genoux pour espérer obtenir le pardon d’un étranger qui prenait du plaisir à nous voir ainsi.

La dispute qui suivit cette histoire fut longue. Mon frère a pleuré, beaucoup, longtemps, dans les bras de ma mère qui osait à peine lever les yeux vers moi, pendant que mon père récitait l’interminable liste de mes défauts et de ses déceptions à mon égard. Pourtant, en jetant un regard à ma mère je voyais qu’elle était révoltée, et que quelque part, elle me soutenait, silencieusement. Alors je répondais à mon père, je le traitais de faible, l’accusais de ne pas voir l’injustice et lui servais tout un tas de reproches, blessants, comme les siens. Seulement je n’avais pas la force d’encaisser tout cela : j’avais neuf ans ! Personne n’est aussi fort à cet  âge pour tenir tête à son propre père alors même qu’on a fait le voeu de le rendre fier.

Seulement voilà, j’étais forcée de constater plus tard que je ne parviendrais jamais à le contenter, peu importent mes efforts.

J’ai passé cette nuit dans le cellier, comme à chaque fois que mon comportement laissait à désirer. Pour réfléchir à mes erreurs, apprendre, et m’endurcir. Apprendre à “la boucler”, comme il disait. Et comme à chaque fois, au beau milieu de la nuit, ma mère me rejoignait une heure ou deux pour me consoler de sa voix si douce. En chantant.

Chapitre 2 : Son dernier Voeu.


Quand j’ai choisi d’écrire mon histoire, j’ai eu des choix à faire et surtout, des épreuves à affronter. Celle qui vient est probablement la plus difficile.

J’ai grandi en devenant chaque jour un peu plus révoltée. J’avais 14 ans quand j’ai rejoint pour la première fois un groupe décolonial tout sauf pacifique. Je ne savais pas à l’époque que la fin du calvaire approchait. Nous étions peu à être aussi jeune, car beaucoup de Lunariens de ma génération n’avaient pas connu la liberté et se satisfaisaient de cette situation qu’ils jugeaient normale ou, à défaut, supportable.

Mes parents n’étaient évidemment pas au courant de tout cela. Pendant six ans, j’ai réussi à garder cela pour moi. Cacher à mes parents que je faisais partie du groupuscule responsable d’actions que mon père réprouvait ouvertement. Actions dont je n’étais pas toujours fière mais que j’estimais - et estime toujours - indispensable. Rien n’était trop cher pour nous libérer de l’oppression.

Mon frère, par le plus grand des malheureux hasards, était au courant. Mais j’étais parvenue à lui faire accepter de ne pas vendre la mèche, à la condition que je couvre aussi toutes ses bêtises, que je prenne le blâme à sa place. Il avait, et a toujours, une conception étrange de la gravité des actes. Mais un jour que nous nous disputions pour la énième fois lors du repas, mon père et moi, j’ai eu le malheur de laisser échapper la vérité sur l’une de ses bêtises. Il paniqua, et rétorqua quelque chose d’imprécis dans ma tête aujourd’hui, mais qui donna à mes parents l’occasion de découvrir la vérité. Exaspérée, je n’avais de toute manière aucune envie de continuer de mentir : je savais que j’avais raison de m’engager comme cela. Mon père, comme à son habitude, me sermonna. Il le faisait depuis le début du repas quoi qu’il en soit. Mais pour la première fois, je ne m’attirais ni la sympathie ni la pitié de ma mère, qui se mit à me reprocher mon inconséquence. Elle m’en voulait de me mêler à ces mouvances violentes, de plonger tête baissée dans la mêlée, du haut de mes 20 ans.

Aujourd’hui je comprends pourquoi elle agissait ainsi, c’était pour me protéger. Mais ce jour là, je n’ai vu dans ses reproches qu’un désaveu de mes convictions, et un abandon pur et simple de la lutte pour notre liberté. Je me souviens très exactement des derniers mots que je lui ai lancés ce jour là, avant d’aller m’enfermer moi-même dans le cellier.

“Ce n’est pas parce que toi et papa êtes trop lâche pour lutter que je dois devenir comme vous, j’ai tellement honte de vous !”

Le silence s’était installé dans toute la maison, et je passais la nuit seule, cette fois-ci. C’était la première fois que je retournais dans ce cellier depuis longtemps, et ma mère ne vint pas. Elle ne vint plus jamais, en réalité.

Le lendemain, j’apprenais son décès dans les médias. “Décès accidentel de la femme du Conseiller Nilsson” qu’ils titraient. Mais nous savions, je savais. Je savais qu’elle était morte sous les coups des Terriens et que ce n’était pas un accident. Ce que je ne savais pas encore, c’était qu’elle n’était pas dans la rue par accident, cette nuit-là.

Ma mère, ce jour là, brisait le couvre feu pour créer une diversion, et donner l’occasion à d’autres Lunariens - de mon propre groupe d’action, ironie encore - d’aller libérer des concitoyens injustement retenus dans un poste de garde. Ce qu’elle ne savait pas, c’est qu’elle y perdrait jusqu’à sa vie, et que son nom ne la protègerait pas des exactions de la garde Terrienne.

J’ignorais tout de son engagement secret, alors même que je la savais sensible à mes convictions. En écrivant ces lignes, je prends toute la mesure de ma bassesse, et de l’ignorance qui m’avait menée à insulter faussement celle qui est aujourd’hui mon modèle. Elle fut une icone de la lutte décoloniale, et je suis fière d’elle. Et plus que jamais, je sais qu’écrire son histoire, mon histoire, c’est ce que je pouvais faire de mieux pour réaliser son dernier voeu, celui de la paix.

J’ai été forcée de faire un longue pause dans la rédaction de ce livre. Depuis la dernière phrase que vous venez de lire, des années sont passées. Le deuil n’est en rien responsable de tout cela : je suis en paix avec tout cela.

Ce livre, je l’ai commencé sous l’impulsion de ma compagne de l’époque. J’avais un peu plus de 25 ans, et je fréquentais cette Terrienne rencontrée à l’Académie Lunarienne. Elle avait cinq ans de moins que moi, venait d’une région Terrienne appelée le Nigeria. Elle m’a parlé de l’histoire Terrienne, celle qu’on ne m’apprenait pas, et je trouvais dans son récit des similitudes avec l’Histoire récente de Lunaria, celle que j’avais vécue. Elle m’a convaincue que j’avais l’occasion de raconter la vérité, celle que les Terriens ne raconteront jamais dans les livres d’Histoire. Mon père ne l’a pas vu de cet oeil là. Il était déjà assez frileux à l’idée de me voir fréquenter publiquement une femme, Terrienne, noire, c’était pour lui un un point problématique pour l’image qu’il tentait de se construire. Car le décès de ma mère ne fit que renforcer sa conviction qu’il devait agir de l’intérieur en devenant “respectable”. Je pourrais me dire cyniquement que le décès de maman l’a beaucoup aidé dans ce sens.

Il m’a fait une proposition que je n’ai pu refuser : je travaillais pour lui, faisais mes armes dans le grand monde, participais à sa quête de reconnaissance. Je me calmais, devenais une fille modèle autant que possible. Pour quelques années, rien de plus. Il connaissait mon talent pour la communication. En contrepartie, il me garantissait de faire publier mon livre au moment le plus propice, et, en fin de compte, ne pas m’empêcher de libérer cette parole.

J’ai accepté et suis devenue une communicante hors-pair. Je gérais l’un de ses journaux, ses campagnes de communication, je faisais la potiche derrière lui à chacune de ses apparitions, à grand renfort de polymorphie pour être l’image parfaite de la fille modèle. Je ne reculais devant rien pour obtenir ce qu’il y avait de mieux pour lui. J’étais ses petites mains, toutes ses petites mains car si être sa fille ne fonctionnait pas, je pouvais être n’importe qui grâce à mon pouvoir. Je suis restée à ses cotés de cette manière durant quelques années, jusqu’à ce que mon frère prenne son indépendance dans une grande entreprise Terrienne. Il choisit alors de me laisser le champ libre pour faire ma propre aventure, avec un bagage conséquent d’expérience derrière moi. Un bagage, et plus de petite amie.

Chapitre 3 : Saison des orages.


Ma relation avec mon père est restée la même pendant longtemps. Pour une raison simple : je ne le fréquentais plus vraiment. Mon frère faisait inconsciemment l’intermédiaire entre nous, je faisais acte de présence lors des réceptions mondaines, en profitais pour me placer aux bons endroits, tout en luttant contre mon instinct. Je dois dire que je suis assez contente de ce que j’ai pu accomplir jusque là en terme de travail sur moi même. Je m’amusais. Sans scrupules.

En parallèle de mes activités en freelance, officielles et officieuses, en tant que communicante, j’ai continué ce livre, publié des romans, de la fiction cette fois, et fondé un journal. Sous pseudonyme, évidemment, sans quoi j’aurais subi les foudres paternelles. Le “Lunar Shadow”. L’Ombre Lunaire. Un nom fait pour attirer les plus pernicieux des reporters acharnés en quête de vérités cachées n’est-ce pas ? Mon édito est devenu célèbre dans les sphères contestataires, et on fait rire les intellectuels. Quand bien leur fasse, moi j’y vois surtout un exutoire, un moyen de faire ma propre lutte, sous le regard goguenard de ceux qui, comme mon père, prennent pour des agitateurs tous les penseurs des rues qui ont une connaissance du monde bien plus tangible que la leur.

Dès à présent, je me dois de faire une confidence : ce livre devient un peu un journal. Ou une biographie. Je ne sais pas quand je le sortirai mais j’écris presque au jour le jour.

Nous sommes le 25 février 2107 en date de la Fédération, et mon père a été tiré au sort hier pour gouverner au conseil de la Fédération. Ce serait mentir que de dire que je ne m’attendais pas à cette ambition de sa part, je suis certaine qu’il vise ce poste depuis le début. Et je l’ai aidé à y arriver.

Toujours moins surprenant, nous nous sommes disputés à l’annonce de la nouvelle. Il voulait que j’abandonne ce livre, et que je revienne travailler pour lui, comme avant. J’ai refusé, évidemment. Seulement l’avenir est flou maintenant : peut-être ferais-je partie de ses ennemis si la situation vient à s’envenimer. J’espère néanmoins que nous serons alliés dans l’ère orageuse qui se profile devant nous.

Moi, Lyxiae.
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