MOONLIGHTS
RPG Science-Fiction / Fantastique. Avatars illustrés. Tous âges et niveaux. Pas de minimum de mots.
2107. Terriens et Lunariens vivent dans la paix, sous le signe du partage et de l’évolution. Grâce à la lumière lunaire et aux sélénites, les humains commencent à développer les mêmes pouvoirs que leurs cousins. Pour la première fois cette année, après un siècle et demi d’histoire complexe entre la Terre et la Lune, le tirage au sort a désigné un Lunarien pour prendre la tête du Conseil de la Fédération Terrienne. La nouvelle est clivante : si certains y voient une belle progression à l’avenir, d’autres redoutent les contestations ou même des luttes de pouvoirs en ces temps troublés. Sous Terre aussi, chez les Endogées, les opposés s’affrontent, entre régression et idéalisme. Alors que chacun essaie d'avoir sa part du gâteau, votre aventure commence ici : qui serez vous ?

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Armes des non-dit. » ft. Malpertuis.
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Mer 17 Jan - 8:59
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Occupation : Neurochirurgien d'antécédent général. Pratiques accomodées aux deux peuples humanoïdes.
Habitat : Lune, Lunaria. Proche de l'hôpital.
Pouvoir : Vision colorée des émotions, guérison.
Joué par : Doudouille, meow.
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Sujet: Armes des non-dit. » ft. Malpertuis.
 
Il y avait un mot : noirceur. Et pourtant, il voyait. Le bleu étrangement voilé de gris qui remplaçait le vide de ses paupières, alors que la texture se fît floue, l’hypnotisait.
« Ça fait mal, se souvint-il.
- Je sais. »
Les yeux de l’enfant hurlaient et sa détresse lui mordait le cœur.
« Ça fait mal…
- Respire par la bouche. Ce n’est rien de vraiment grave, on va un peu arranger ça.
- Avec des aiguilles et des machines ? Et des couteaux ? Je veux pas ! Je veux pas ! J’ai peur ! Ça va faire encore plus mal ! »
Ses petites mains, accrochées à sa veste, tremblaient tellement.
« Je vais juste utiliser mes mains, d’accord ? Pas d’aiguilles, pas de machines, pas de couteaux. Si tu me fais confiance, ce que je vais faire ne te fera pas mal.
- Non ! Vous mentez !
- Je ne mens pas. Vois-tu, je n’ai jamais été doué pour mentir. »
Et sa peau se faisait rocailleuse, sous cette couche de sang.
« J’ai déjà essayé, avant. Je devais avoir quinze ans. Je n’aimais pas ma coiffure, mais ma mère s’était tant appliquée que je lui avais dit que c’était joli. »
Mais son ton et son sourire, avec la douceur de ses gestes, semblaient éclaircir ses couleurs, noyées sous ses larmes.
« C’était quoi ?
- Deux couettes tressées. »
L’enfant ria faiblement, apportant une vague de soulagement.
« Mon désaccord était cependant tellement tangible que ma mère avait éclaté de rire. »
Puis, saisissant les couleurs positives de son regard, il avait tenté de le guérir – en toute vérité, de le rassurer, de minimiser les dégâts, de les rendre supportables par un enfant de cet âge, malgré la moyenne distance les séparant de l’hôpital.
Les fractures étaient toujours délicates, de la simple fissure à l’os éparpillé entre les épaves d’une chair pourrie. Ses couleurs étaient loin d’être suffisantes pour un travail complet, bien qu’il s’agît de l’arête nasale. Mais la peur de l’enfant s’était légèrement étouffée et il put partir en direction de l’hôpital avec moins de panique, dans les bras chauds de sa mère – après que Zelhayn eût poliment refusé l’offre de cette dernière.
« Vous n’aimez pas être payé ?
- Tu as de rudes questions, pour un enfant. »
L’argent était une autre histoire, quant à elle détestable, pire encore lorsque Zelhayn agissait en-dehors du cadre d’un neurochirurgien. Et cette femme était venue, par option d’urgence, parce que son enfant ne résistait plus à l’angoisse.
« Mais vous en avez besoin.
- Malheureusement, oui. »
Suppliant qu’on les aide, tous les deux. Qu’on les apaise plus qu’on ne les soigne.
Tu sais ce que c’est, petit Wund. Tu l’as vécue, cette souffrance impossible à localiser, que l’on ne calme pas à coups d’antidouleurs. Tu l’as vécue, comme tant d’autres avant et après toi.
Tu sais ce que c’est, alors tu as souffert avec eux.

Noirceur peinte dans le bleu de sa veste. Il comprit ; il avait frôlé les limites qu’il avait oubliées en rencontrant le désespoir paniqué de ces personnes. Il n’avait pu qu’apercevoir sa porte se fermer sur les deux silhouettes, avant de recroiser le visage brouillé de son client particulier et s’effondrer aussi mollement qu’un bébé qui apprend à marcher.
L’élévation de l’instinct au-dessus de la raison était parfois une erreur à proscrire, mais il ne regrettait pas. Parfois, parce que la sélection des cas était subjective.
« Je vais bien, » murmura-t-il tant bien que mal. Sans se demander s’il y avait réellement quelqu’un pour l’écouter. « Je dois juste récupérer. Quelques minutes. Ça ira. » Pour se convaincre lui-même, sans doute. De toute façon, il lui fallait un indicateur afin de mieux mesurer sa fatigue.
Alors les quelques minutes passèrent. Il bougea finalement un bras, puis un deuxième, afin de trouver un appui et se hisser sur son bassin, encore incapable de se lever, tant ses jambes tremblaient. Si son corps se détachait encore, il put toutefois reprendre peu à peu ses esprits et se souvenir de la présence de ce fameux… Sandencre, était-ce ? De ce fameux croate dont Zenon parlait. Son regard autant que son attention s’étaient d’ailleurs posés sur celui-ci.
« Navré, » souffla-t-il d’une voix lasse, presqu’attristée. Même si dans son propre domaine, l’imprévu était à prévoir. « Non que je n’aurais pas dû les aider, mais votre temps doit vous être précieux. »
Zelhayn avait préféré le rencontrer dans ses heures libres, étant donné que l’analyse de ses couleurs débordait du cadre de son métier. Il lui avait proposé de le rejoindre à son lieu de travail, d’où ils partiraient quelque part, en fonction de leurs humeurs sur le moment. Malencontreusement pour eux – tous, autant la mère et son enfant que ces deux étrangers réciproques -, la famille avait débarqué lorsque le chirurgien avait fini d’installer son client dans la salle d’attente, le temps de boucler ses affaires.
A l’aide d’un mur, Zelhayn se remit lentement sur pieds. Tremblant, certes, mais ce n’était que passager. Ses yeux blancs balayèrent rapidement la salle et, dans un faible soupire, un fin sourire germa sur ses lèvres.
« Nous pouvons toujours poursuivre sur ce qui a été prévu – en me permettant d’espérer qu’il vous reste du temps, hum... » Une faible perte de souffle dont il faillit rire l'obligea à s'interrompre. Dans sa nouvelle inspiration, l'air lui sembla lourd et étrangement vivant.

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Dim 18 Fév - 21:44
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Sujet: Re: Armes des non-dit. » ft. Malpertuis.


Armes des non-dit




" Au vu de mes propres compétences, cela nous aiderait à faire grandement avancer ta situation.

Le vieux psychologue, confortablement assis dans son propre fauteuil, croisait ses jambes sur lesquelles reposait une tablette, recueillant ses notes. Son patient réfléchissait à l'offre qui lui était faite : son emploi du temps devait pouvoir la permettre.

- Ma foi, je me rends très régulièrement à Lunaria. Je pourrais prendre quelques heures pour sortir en ville de temps en temps, pourquoi pas pour voir l'un de vos collègues.

S'avançant sur son siège, il arborait un sourire assuré.

- Si vous pensez que j'en ai besoin, d'autant plus. Ce serait avouer que vos compétences ne sont pas irréprochables.

Le vieillard rit à cette pique présomptueuse.

- Ne dis-je donc pas assez qu'elles le sont ? Mais cela ne les fait pas dépasser les limites de la connaissance humaine. La lumière lunaire en a doté certains de qualités innées permettant de franchir ces limites, il serait désobligeant de ne pas profiter de ces dons mis à notre disposition.
Vous vous annoncerez donc à Mr. Waxiel la semaine prochaine au lieu de notre séance, mmh ? Je serais de toute manière absent quelques semaines, malheureusement. Ces séances remplaceront les nôtres en attendant mon retour.


L'heure avançait cependant, le patient ôtait déjà sa veste du porte-manteau avoisinant le bureau du psychologue. L'adresse et le nom du docteur inconnu s'introduisit dans l'une de ses poches.

- Soit un mois environ. Selon les progrès de mon collègue, peut-être continuerez-vous tout de même à le voir.

- Ce sera un bon prétexte pour laisser mon poste quelques heures par semaine. Peut-être faire le tour de la ville - je ne l'ai jamais vraiment fait, comble du sort !

Les deux hommes rirent doucement. L'un rejoignant son bureau, l'autre y jetant un regard avant de franchir l'entrebâillement de la porte.

- Profitez de vos vacances, docteur."

L'interpellé rit tout bas à ces mots. Son patient avait déjà tourné les talons, et s'éloignait tranquillement du petit cabinet.



Les avenues de Lunaria se resserrent en rues et en allées courbes auxquelles Malpertuis ne prête qu'une attention succinte.
Il aurait souhaité profiter du trajet pour observer ce qui constitue son paysage, et peut-être repérer dès son premier passage les lieux d'intérêt auxquels il pourrait rendre une visite plus approfondie ; mais cette idée en tête lui fit ignorer les taxis et transports de ville qui auraient grandement accéléré la promenade à pieds qu'il leur préféra, désormais à son grand dam. Car il est en retard, ou tout du moins clairement pas en avance sur les horaires pourtant tardives qui lui ont été données par le docteur Zelhayn Waxiel, à qui un échange une semaine plus tôt lui a conseillé de rendre visite.
Tant pis pour les discrètes boutiques et poétiques jardins qui tentent d'attirer son attention alors qu'il les dépasse en courant presque, il en profitera au retour. De toute manière, la nuit lunaire n'est guère plus sombre que son jour. Il n'espère cependant plus faire la moindre emplette exotique à l'heure improbable à laquelle il rejoindra le spatioport. Et pas à pieds, de toute manière.

Recherchant les adresses et points de repère qui lui ont été donné par son psychologue, Malpertuis maudit intérieurement le manque de signalisation lunarien - qu'il apprécie habituellement, mais l'heure n'est malheureusement plus à errer et se perdre pour lui. Arriver en retard à un premier rendez-vous, quel qu'il soit, est toujours de mauvais goût.
Un comble s'il en venait à laisser croire que son statut de gentleman était faussé. Tout son business en prendrait un coup !
Alors qu'il décide plutôt de se maudire lui-même pour cette espèce de curiosité pseudo-mélancolique qui l'a envahie alors qu'il dépassait une navette de ville au moins trois quarts d'heure plus tôt, l'agencement des lieux le fait s'arrêter devant le palier de ce qui doit être sa destination. Pas de sonnette et rien de plus qu'un sobre écriteau pour orner la porte que le pilote pousse prestement, débarquant dans un minuscule vestibule dans lequel il manque à la fois de trébucher et de s'écraser sur la porte du fond.

Recouvrant son équilibre, le pilote prend un instant pour observer l'étroit environnement dans lequel il s'est précipité - trois sièges, une table basse décorée d'une plante d'intérieur prenant ses aises sur presque toute la surface de son piédestal, un porte-manteau attaché à un mur ; pas même une armoire, alors ?
Il est rapidement interrompu dans son tour visuel de la pièce alors que la porte menant vers l'énigmatique intérieur s'ouvre, sur un homme à l'âge indéfinissable, et au regard humblement affable - malgré tout saisissant.
Malpertuis n'a pas pris le temps de secouer la poussière des centaines de pas du spatioport de sa veste, ses chaussures et ses cheveux ; ses lunettes sont encore sur son nez proéminent, et derrière elles, il cligne des yeux, cherchant à se placer correctement dans l'étroite et instable organisation des évènements s'enchaînant encore. Par réflexe, il offre cependant un sourire chaleureux à son hôte, et se laisse conduire dans une pièce plus claire et ouverte, où il s'assied sur une chaise classiquement placée face à un bureau, alors que des bruits de pas se laissent entendre derrière la porte qu'il vient de franchir avec son - nouveau médecin. Des pas précipités. Auxquels s'ajoutent quelques sourds appels de détresse.

Le pilote, curieux, se retourne sur la chaise qu'il a poliment empruntée, observant dans la direction que Zelhayn Waxiel - enfin probablement, ou on ne l'a pas prévenu que celui-ci avait un assistant qui l'accueillerait à sa place - emprunte précipitemment. Au-dessus de son épaule, il aperçoit un visage féminin derrière la porte ouverte par le médecin ; et en-dessous de son bras, un petit visage en pleurs et ensanglanté, tremblant de frayeur. Il ne peut qu'offrir des yeux ronds comme des soucoupes devant la scène qu'apporte le Dr. Waxiel dans une autre pièce, qu'il ferme avec un discret regard désolé à son client.

Malpertuis, planté sur sa chaise, n'ose pas se tortiller sur son séant, doutant vaguement du calme semblant s'être momentanément posé sur sa fin de journée.
Des sanglots étouffés d'enfant filtrent avec peine jusqu'à lui, lui servant d'unique accompagnement sonore. Il se détend non sans circonspection, retirant ses lunettes tape-à-l'oeil et les rangeant dans leur boîtier, dans une poche de sa veste qu'il retire, avant de la poser sur ses genoux après une courte hésitation l'ayant amené à conclure que le porte-manteau positionné à moins de trois mètres de lui était trop loin pour s'y rendre. Il embrasse enfin du regard ses alentours, tout en calmant discrètement sa respiration.
Les classeurs et casiers envahis de dossiers sur ports tactiles lui faisant face forment une drôle de tâche menaçante dans une pièce sinon peu ornée, mais soulignant l'architecture lunaire veloutée - dépourvue de ces étranges lignes humaines cherchant à la fois à épouser et effacer l'ergonomie cubique qui a marqué l'histoire terrienne. Dans cet espace cependant, une veste aux couleurs vives semble presque flamboyer, ondoyant les plumes de ses motifs.
Le regard du pilote reste fixé un temps sur la veste presque ostentatoire, alors qu'il se demande si la porter lui siéerait. Il en détourne cependant ses pensées pour passer ses mains dans ses cheveux encore éprouvés par sa marche, puis sa mâchoire - jugeant du peu de qualité de son dernier rasage.
Il frappe avec prudence ses grosses chaussures l'une contre l'autre, rassemblant les poussières trop éparpillées sous ses pieds ; puis prend deux longues inspirations, redresse sa colone vertébrale et ses épaules, bombe sans exagération son torse.
Les pleurs se sont tus, et le docteur Waxiel raccompagne la mère réconfortée et son fils à la porte. Mais lorsqu'il revient s'asseoir devant son client et patient, il soupire, et s'y effondre lentement. Telle une poupée aux fils lâches.

"Je dois juste récupérer. Quelques minutes."

De sa franche assurance, Malpertuis ne sait plus que faire.

"Ça ira."

Les fils abandonnent leur structure, Zelhayn Waxiel s'immobilise sur son étroit fauteuil, le visage légèrement de travers, les mains asymétriques, les tibias de biais, les yeux clos. Son client s'avance après un instant sur ses coudes, étouffant une affable inquiétude d'une confiante sérénité.
Quelles qu'en soient les raisons, Zelhayn semble vouloir gérer sa fatigue. Ce n'est pas à un inconnu de l'en empêcher.

Malpertuis attend simplement que son médecin récupère, avant de lui adresser un regard amical lorsque celui-ci connecte finalement avec son interlocuteur.

" Cela me fait plaisir de perdre un peu de temps pour quelqu'un d'aussi prévenant, au contraire.

Il offre un sourire.

- J'en ai tant qu'il le faut à passer avec vous, docteur Waxiel. À vous de juger de celui qu'il nous faudra !"

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