MOONLIGHTS
RPG Science-Fiction / Fantastique. Avatars illustrés. Tous âges et niveaux. Pas de minimum de mots.
2107. Terriens et Lunariens vivent dans la paix, sous le signe du partage et de l’évolution. Grâce à la lumière lunaire et aux sélénites, les humains commencent à développer les mêmes pouvoirs que leurs cousins. Pour la première fois cette année, après un siècle et demi d’histoire complexe entre la Terre et la Lune, le tirage au sort a désigné un Lunarien pour prendre la tête du Conseil de la Fédération Terrienne. La nouvelle est clivante : si certains y voient une belle progression à l’avenir, d’autres redoutent les contestations ou même des luttes de pouvoirs en ces temps troublés. Sous Terre aussi, chez les Endogées, les opposés s’affrontent, entre régression et idéalisme. Alors que chacun essaie d'avoir sa part du gâteau, votre aventure commence ici : qui serez vous ?

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Profitons du clair de Terre.
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Ven 22 Sep - 12:14
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Sujet: Re: Profitons du clair de Terre.


Tant que le présent est.


" Apprendre à les apprécier... Tsk-"

Son collègue est, à bien des égards, adorable dans sa manière de réfléchir et réagir. Se trouver de la sympathie pour un animal mal aimé comme le kaerdol tient après tout d'une image de l'altruisme, pour les nombreux qui supportent difficilement les cris et le côté parasitaire de ces... Sous-lapins. Le terme venant à l'esprit du scientifique un peu par hasard et lui tirant un petit sourire en coin.
Cependant, Zenon ne tient guère rigueur aux kaerdols pour être faibles et dépendants des autres ; la nature les a forgés dans leur impuissance à faire face aux évènements seuls, et les humains sont passés par un chemin assez ressemblant. Ni leurs cris tristes, ni leur air efflanqué ne le gêne ; ce serait craindre les araignées pour leur air menaçant plus que par un instinct ancestral de conservation.
De plus, il ne supporte pas bien mieux la mignardise, et celle de son camarade généticien ne l'affecte pas - pas dans le bon sens.

" Le kaerdol n'est pas un problème, Konstantin. C'est ce qu'il représente pour toi. Car c'est un peu toi, à tes yeux. N'est-ce pas ?
Maladroit, solitaire et défaitiste ; cherchant son image dans les autres, à défaut de se sentir à la hauteur de leurs différences. Quand je t'observe avec cette peluche larmoyante entre les mains, tout ce que je vois de grand en toi, c'est ta taille.


Le docteur se rend compte qu'il penche irrémédiablement sur une voie qui blessera son compagnon de route.
Son sourire a d'ailleurs quitté son visage. Inversé sur une grimace. Dépassée l'exaspération ; ses dents n'en grinceraient pas.
Que lui arrive-t-il ?

- Un kaerdol ne fait rien de mal à rechercher de la compagnie. Celui-ci - son monde culmine au-dessus de sa tête à plusieurs fois sa hauteur, et il foule un territoire ennemi et mortel pour lui. C'est dans sa nature que d'être une proie facile ; l'affection, l'attachement qu'il peut faire naître est une clé nécessaire à sa survie. C'est un animal, n'est-ce pas ? Il est naturellement compétent dans son domaine, comme ce piège-kaerdol dans ma poche est compétent pour effrayer les éventuels agresseurs.
Mais en faisant part de la pure biologie, un être humain est différent d'un animal. Tu l'es. En tant qu'humains, en tant que lunariens, nous sommes fondamentalement incapables de tout, et la seule chose qui nous est acquise, c'est d'apprendre ; de faire des choix et des efforts.

Ce que je n'aime pas, c'est ta résolution à te réfugier dans ce que tu crois qui t'es acquis. La maladresse, la solitude, et le défaitisme. J'hésite à penser que tu n'es pas né avec toutes tes connaissances scientifiques, comme ce kaerdol est né avec son excellent sens de l'ouïe pour repérer un animal suffisamment gros pour ne pas représenter de danger ici, en connaissant la faune locale. Mais tu les a acquises par l'expérience, n'est-ce pas ?
... Nous sommes si prompts à nous rabaisser...


Le docteur soupire. Sa rage soutenue, changée en eau immobile.

- Nous sommes si prompts à voir le mal. Mécanisme de survie, que de retenir ce qui nous blesse... Et auquel il manque la volonté de contrecarrer, transformer ces souvenirs.
Des jeunes gens enchâssés entre le jugement de leurs proches et la peur de leur avenir, des adultes errant entre les deux extrémités d'une vie dont ils n'arrivent plus à repousser les limites, des vieillards piégés dans leurs souvenirs et craignant de ne plus avoir de temps à consacrer à leur futur... Il y en a, partout et toujours ; ils forment les fondements de nos sociétés, le socle commun ; la majorité. Parce que nous sommes intrinsèquement attirés par la crainte de la défaite, et l'espoir n'existe que dans l'ombre de son existence. Nous vivons essentiellement en fuyant le désespoir qui nous forge, en tentant de l'orner de moments de bonheur qui s'effacent.
Mais nous ne sommes pas des animaux pour autant, inconscients de leur malheur et de leur destin. Nous avons le droit de choisir et d'essayer ; d'apprendre à vivre, ou survivre, que ce soit avec nos tares ou pour les contrer. Nous sommes seuls à apposer un jugement aux choses, à sélectionner les défauts et les qualités ; et nous sommes seuls à choisir ce qui est bon et ce qui nous fait mal. Mais ces choix, nous pouvons les faire par nous-mêmes.


Les bras de Zenon Vasz, raides et immobiles, laissent jouer les manches de son manteau sur ses poignets. Sans son sourire, les mains anormalement figées et tachées de terre sombre, il ressemble au vieillard dont il a le corps.

- Tu peux garder ton kaerdol, Konstantin. Je ne t'en empêche pas ; je ne comptais simplement pas t'aider non plus, car je ne supporte pas tes "si" et tes conditionnels t'évitant d'arrêter tes choix. Un jour, je ne serais plus là pour te donner des directions et des instructions ; et le jour où tu retourneras vraisemblablement officier dans une université prestigieuse dans le rôle d'un professeur bafouillant sur des mots qui ne sont pas les siens, tentant de masquer les efforts et l'expérience personnelle qu'il pourrait insuffler à des étudiants brailleurs et dispersés, est bien plus proche que tu ne sembles le croire. Mais je comprends qu'il faille te montrer les instructions avant de te jeter dans la mer et espérer que tu nages ; je n'ai jamais été très pédagogique.
D'ailleurs, ajoute le vieillard dans un ricanement bref, tant qu'à verser dans la mièvrerie, et si ça peut te donner l'impression d'être moins seul, je t'apprécie, Kons ; je t'aime, pour toutes tes qualités que tu ignores sciemment. J'espère qu'en gardant ce kaerdol, tu finiras un jour par l'aimer pour son identité de lapin triste, et pas pour t'aimer toi-même.
Il ne faut pas chérir ce que l'on considère comme ses défauts ; c'est... Contre-productif. Mais surtout suicidaire.
Voici un second émetteur. Second, parce que je n'en ai que deux.


Le docteur tend une main devant son collègue, l'interdisant de prendre immédiatement l'anneau métallique.

- Mais il ne t'es pas dû. Si tu le veux, tu devras faire ton propre choix, et celui-ci dépendra de nos hôtes, à l'ermitage qui nous attend à une bonne journée de marche, et que nous devrions atteindre dans la matinée de demain. J'aimerais y être ce soir dans la nuit ; le challenge te plaît-il ?

Agitant ses jambes pour les réchauffer, son sourire habituel renouvelé, Zenon montre à Konstantin la bague d'acier dans la paume de sa main, d'un air légèrement joueur.

- Mph, Zelhayn va m'assassiner sur place lorsque je lui raconterais notre épopée. Il me faut un peu d'exercice physique pour oublier de réfléchir. Parlons en marchant, désormais !"

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Dim 14 Jan - 18:37
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Sujet: Re: Profitons du clair de Terre.

Zenon & Konstantin

Profitons du clair de Terre

J’ai l’esprit un peu ailleurs- un peu perdu- quand je comprends enfin que Zenon n’en a pas fini avec moi. Ou plutôt, il n’avait même pas encore commencé.
Je ne l’ai pas compris au début, encore trop occupé à apprivoisé la bestiole, et pas tout à fait dans l’ambiance « prise de conscience » forcée. Je fronce les sourcils, et me retourne vers lui, pris d’un élan éphémère et déterminé, pendant une courte demi-seconde à lui faire face.

-C’est faux…

Pourtant, ce quelconque courage pourtant bien banal s’évapore vite, et je me retrouve à ma place habituelle, voire même quelques crans en bas. Un peu triste vu que je n’ai jamais volé bien haut. Malgré mon mutisme, j’écoute avec trop d’attention tout ce que Zenon peut dire, et je finis par baisser les yeux, pas vraiment fier de moi.

Dans ma tête défile quelques phrases plus ou moins bien trouvées que j’aurais pu rétorquer. Quelques phrases pour lui dire d’aller gentiment voire ailleurs et de me laisser tranquille. Quelques phrases pour simplement lui dire que je me fichais de ce qu’il pensait, et que je voulais juste avoir un animal de compagnie au laboratoire. Ce serait mentir, évidemment. Dieu sait pertinemment que ce genre de remarques me forcent à faire face à mes faiblesses comme un réel poids, comme quelque chose de néfaste, et non pas comme une partie évidente de ma personnalité contre laquelle je reste impuissant. Même si ça m’a toujours plutôt arrangé.
Zenon se calme, mais continue sa tirade, fort de mon impuissance. J’ai l’impression de revoir mon père et ses longs discours, exaspéré par mon incapacité à prendre des décisions et à m’affirmer. Il se disait que ça changerait bien avec l’âge ; je me disais la même chose. Une fois adulte, j’ai cessé de subir de genre de sermon. Non pas parce que je me suis amélioré comme j’aimais le croire, mais probablement car la lassitude a touché mon père.

J’aurais aimé ne pas autant le décevoir de ce côté … Et j’aimerais ben ne pas décevoir Zenon. Non-Je n’aimerais pas me décevoir encore.

Machinalement, j’essaie d’attirer mon esprit sur autre chose, et les légers pincements du Kaerdol sur mes doigts me rappelle l’objet de cette discorde. Je le regarde, l’air aussi triste que lui, alors qu’il semble toujours aussi intéressé par mes mains. Je me libère alors de sa violente emprise, et glisse mes doigts dans sa fourrure, le caressant doucement pour oublier la piètre situation dans laquelle je me trouve.

Et pourtant … Et pourtant, ça me m’empêche pas de trembler. Je le sens bien, je le vois bien- mon lapin aussi, et je suis sûr que Zenon le vois aussi. Incapable de bouger, tremblant, je n’ose même pas relever les yeux. Il continue ses reproches, les mêmes reproches que l’on m’a toujours faits, les mêmes reproches que je me suis toujours faits.

On approche de la conclusion, je relève vainement les yeux vers Zenon, toujours un peu fuyant, pas vraiment capable de le regarder en face. Il me lance l’inéluctable réalité qui m’attend si je ne cesse mes enfantillages ; je frémis légèrement, conscient qu’il n’exagère rien.

Je tends la main vers l’émetteur, et me ravise immédiatement quand il me l’interdit, humilié une dernière fois, serrant les dents pour contenir la honte. Son challenge n’est pas irréalisable- il n’est même pas spécialement injuste, mais il sait que cela me pousse à bout aussi bien mentalement que physiquement. Vexé, j’hausse les épaules.

-Comme vous voulez.

Un murmure à peine audible qui semble me demander tous les efforts du monde. Zenon sait que j’accepte, que je n’ai pas vraiment le choix. Je ne dis toujours rien, et nous repartons rapidement en route. Je ne peux m’empêcher d’avoir envie de lui demander qui est ce Zelhayn, et pourquoi diantre aurait-il envie de lui conter ses aventures et mes mésaventures, mais je n’ai aucune envie de parler, et décide de garder cette question pour plus tard.

En économisant mon souffle, le chemin paraîtra peut-être moins long.

-

Ou pas. Je n’ai même plus le cœur à me plaindre. De toute façon, les pensées qui ont occupées mon esprit me faisait si mal … Mentalement que j’en oubliais mes pieds. Pourquoi a-t-il fallu qu’on court ? Je n’ai jamais tenu plus de dix minutes … Et encore, je devais être sacrément en forme ce jour-là.

Evidemment, j’ai craqué. Je n’ai rien dit, mais je me suis arrêté, au bord de l’agonie. Je n’y peux rien, et ça me désole un peu de ne pas réussir à tenir aussi longtemps que lui. Je songe à m’excuser mais je doute qu’il apprécie. Alors qu’on s’arrête et s’assoit sur un rocher, j’essaie désespérément de reprendre mon souffle. Il me faut bien plusieurs minutes avant que ma respiration reprenne sa vitesse habituelle. Zenon semble aller… Sacrément mieux. Il ne dit rien, et moi non plus, toujours dans une phase de récupération relative.

Levant les yeux vers le ciel, je finis par lui glisser quelques mots plutôt insignifiant, juste pour rétablir un dialogue moins … Corrosif.

-I-il commence à faire nuit.

Je guette au loin l’ombre d’une habitation – d’un complexe- de quoique ce soit d’inhabituel dans ce décor verdoyant. Sans être sûr, je crois distinguer un point sombre, plus très loin d’ici. Je me retourne vers Zenon, les joues encore rouges de notre course effrénée.

-C’est ici … ?

Je n’ai pas spécialement envie de courir encore, ni même de perdre ce challenge. Je crois que j’ai assez souffert pour aujourd’hui.

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Lun 15 Jan - 21:24
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Sujet: Re: Profitons du clair de Terre.


Profitons du clair de Terre.


   La fine atmosphère lunarienne miroite au passage du soleil se couchant sous son horizon, tirant avec lui les rares couleurs du ciel sellénite. Une nuit noire précède effectivement les deux voyageurs.
Assis sur des basaltes affleurant des longues pousses sauvages les entourant, ceux-ci reprennent leur souffle, tentant de capturer l'oxygène raréfié afin de contenter des poumons épuisés par leur course.
Enfin... Course. Sprint. Marche rapide. Sprint. UN rythme irrégulier que Zenon a imposé à son collègue sans grand ménagement ; mais avec un résultat escompté. Le vieil ermitage pointe ses vieilles murailles écroulées à quelques degrés du soleil rougeoyant.
La fatigue n'a pas épargné le vieux scientifique, bien qu'elle ait surtout frappé le plus jeune et moins sportif Konstantin droit dans l'abdomen, à constater la difficulté avec laquelle il tenait bien droit sur ses pieds douloureux. Au moins a-t-elle éreinté l'agacement du savant, qui observe le Kaerdol prendre connaissance des environs de la besace dans laquelle il est désormais installé.
   Un kaerdol... Konstantin donne bien de l'importance à cet être errant. Il en aurait aussi sans doute pour n'importe quelle créature qu'ils croiseraient...
Sortant le gros insectoïde de sa poche, Zenon remarque que celui-ci semble s'être plongé dans un sommeil comateux, probablement pour limiter sa consommation d'oxygène et résister aux températures plus froides de la nuit - et de lieux éloignés de son nid d'origine.
Comment cette bestiole-ci s'adapte-t-elle au changement de son environnement ? Les années ont vu les piège-kaerdols migrer vers les agricultures attirant leurs proies, des insectes souvent plus gros qu'eux. Mais les besoins des agriculteurs, même lunariens, ne peuvent laisser leurs champs être envahis de gros nuisibles dévorant des pieds entiers ; les gros insectes sont tenus à l'écart.
Les piège-kaerdols se rabattent alors sur les plus petites proies. Chassant la vermine, les fermiers les apprécient et les conservent. Mais les gros pièges guerriers, comme celui-ci, n'ont plus de danger desquels protéger leur petite communauté ; et c'est leur nombre qui diminue finalement.

   Zenon fourre l'animal roulé en boule dans sa poche. Le cycle de la vie n'a pas à être critiqué.
Konstantin semble avoir repris du poil de la bête. Il marmonne quelques mots - sur un ton contrit - en cherchant à distinguer la forme particulière de l'ermitage. Son vieux compagnon de route sourit, se lève.

"Nous arrivons à l'heure, Konstantin. Comme quoi - tout effort apporte son lot de succès.
Comme nous sommes désormais assez proches, tu vas pouvoir souffler sur le dernier petit kilomètre. Nous n'allons pas débarquer devant nos hôtes en sprintant !
"

Le professeur rit bas, énigmatiquement. Oh, pas que le mystère ne survive encore longtemps.

   ~

   L'ermitage n'est plus un ermitage depuis quelques décennies.
Ses parois grises se sont effondrées sous leur propre poids, les planchers sont rongés et rognés sur toute leur épaisseur, laissant entrevoir un étage encore plus délabré ; de l'antique charpente, il ne reste qu'un vestige, une petite tour ronde et rebondie surprenament entretenue dans un coin d'une étroite cour ayant depuis fusionné avec l'extérieur, au travers de murets enfoncés sous les hautes herbes ayant investi le sable qui régnait avant eux, crignotant même lentement les larges dalles grises menant à un parterre central - plus une fleur terrienne n'y élit domicile, désormais.
Il n'y a pas de portes à pousser, aussi Zenon invite Konstantin du geste à découvrir les lieux.
   Ses habitants aussi les observent.
Des momotaks - une poignée à peine, dispersés parmi les contreforts, se laissent timidement distinguer par les visiteurs, conservant une distance plus que respectueuse. Aux dernières couleurs fanées du soleil couchant, leurs pelages bruns et gris deviennent noirs, les changeant en fragiles arches parmi les pierres dressées qu'ils ont conquises.

   Konstantin semble pétrifié. Son vieux guide le laisse à sa contemplation, montant lentement les marches de pierre d'un escalier attenant, jusqu'à rejoindre un segment de l'étage renforcé par des étais - et supportant un bureau, un tabouret et une paire de grosses jumelles électroniques.
Zenon prend place sur le tabouret, tournant lentement sur lui-même en attendant que son collègue le rejoigne. Il lui fait signe du plus grand silence alors que celui-ci monte les escaliers patinés à son tour.

   Un momotak fripé et pouilleux, immobile dans un coin sombre du long corridor qu'occupent les deux randonneurs, semble à la fois dormir et les surveiller. Le plancher l'entourant semble vouloir céder au moindre de ses mouvements ; une mince brume de bois en retombe extraordinairement lentement, comme s'apaisant à l'interruption des pas l'ayant dérangée.

"Faisons attention à ne pas déranger nos hôtes, mmh ?"

Zenon sourit au généticien, lui tendant en même temps les lourdes jumelles. Au loin, le soleil ne se laisse plus deviner que par son pâle halo ; les hautes herbes semblent se partager en une voie, que des ombres empruntent.

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