MOONLIGHTS
RPG Science-Fiction / Fantastique. Avatars illustrés. Tous âges et niveaux. Pas de minimum de mots.
2107. Terriens et Lunariens vivent dans la paix, sous le signe du partage et de l’évolution. Grâce à la lumière lunaire et aux sélénites, les humains commencent à développer les mêmes pouvoirs que leurs cousins. Pour la première fois cette année, après un siècle et demi d’histoire complexe entre la Terre et la Lune, le tirage au sort a désigné un Lunarien pour prendre la tête du Conseil de la Fédération Terrienne. La nouvelle est clivante : si certains y voient une belle progression à l’avenir, d’autres redoutent les contestations ou même des luttes de pouvoirs en ces temps troublés. Sous Terre aussi, chez les Endogées, les opposés s’affrontent, entre régression et idéalisme. Alors que chacun essaie d'avoir sa part du gâteau, votre aventure commence ici : qui serez vous ?

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Ils te jugeront de toute façon, alors laisse-les te juger pour qui tu es réellement • ft. Zenon Vasz
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Sam 24 Juin - 23:12
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Sujet: Ils te jugeront de toute façon, alors laisse-les te juger pour qui tu es réellement • ft. Zenon Vasz

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▬ 511 mots
fin Septembre 2099, agglomération de Lunaria, domicile de Willow Blume.


La température devint quelque peu fraiche lorsque la soirée pointa le bout de son nez, et elle ne s’étonna pas de voir que les quelques clients qui n’étaient que peu intéressés ne se firent pas prier pour quitter les lieux et rejoindre leur domicile. Elle comprenait. En sentant l'air se refroidir si vite, elle aurait voulu plier bagage, mettre ses tableaux à l’intérieur, et rentrer fissa boire un chocolat chaud devant le téléviseur, où des émissions terriennes stupides la distrairaient. Mais elle maudit ceux qui trainaient des pieds, les yeux encore rivés sur les toiles comme si elles allaient s’envoler, malgré le fait qu’elle soit exaspérée que personne n’eut sorti le porte-monnaie de la journée.
Elle haussa discrètement les épaules : il lui restait encore quatre jours d’expositions, dont un à cet emplacement, à son atelier, et trois autres à Sirona, dans la petite boutique de vente de tableaux. Elle aurait de quoi s’offrir un petit mois de nourriture de luxe rien qu’en vendant deux œuvres. Elle ne s’inquiétait pas.

Elle étouffa alors un bâillement dans le creux de ses lèvres pincées, les yeux plissés et inévitablement vitreux au fait que quelques larmes y émergèrent. La dernière personne présente dans la petite cour sordide ne lui prêta guère attention, et la dame blonde – elle était Terrienne, Willow l’avait pressenti – était sagement en train d’acheminer son arrière train vers la verrière où étaient abritées aux côtés de ses chères plantes exotiques les œuvres peintes les moins dispendieuses.
De ce fait, elle fut seule, les mains croisées poliment devant elle, et pour ne pas paraître aussi désagréable que les vendeuses de petites boutiques étouffantes, elle patienta un instant avant de se mouvoir pour aller rejoindre ladite pièce vitrée.

Malheureusement, quelqu’un entra par la petite porte de gauche, par laquelle était parti le couple de Terriens deux minutes plus tôt, et elle en fut étonnée une fraction de seconde seulement. Juste une fraction, car son étonnement se mua, aussi vite que l’éclair, en une stupeur qui la refroidit bien plus vite que la température descendante de ce début de soirée d’automne. Si sa peau eut été blanche, on aurait pu aisément déceler sur ses joues qu’elle n’était plus que translucide.

Une machine ? pensa-t-elle. Un monstre ?

Non.

Elle expira par le nez l’air qu’elle avait gardé en scrutant le nouvel arrivant. Juste un homme avec un masque. Drôle de personnage, finit-elle par s’avouer. Un peu… dérangeant.


Elle tourna la tête rapidement vers les tableaux d’intérieur et s’aperçut que la dame avait filé sans un bruit. Elle reporta son attention sur l’homme étrange, et finalement, la peur qui s’était installée en le voyant laissa sagement place à un vague amusement. Loin de la moquerie, le sourire qu’elle arbora se fit en voyant les drôles d’yeux dessinés grossièrement sur le masque de fer qu’il portait. Comment pouvait-il voir, d’ailleurs ? Était-il aveugle ? Le croissant sur ses lèvres se voulut professionnel.

Elle fit un pas en avant, un peu sur la gauche, pour paraître autant avenante qu’aimable, mais sans s’approcher trop.

"Vous n’êtes encore jamais venu. Je peux vous aider ?"





Dernière édition par Willow M. Blume le Dim 25 Juin - 17:45, édité 2 fois
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Sujet: Re: Ils te jugeront de toute façon, alors laisse-les te juger pour qui tu es réellement • ft. Zenon Vasz


Ils te jugeront de toute façon,
alors laisse-les te juger pour qui
tu es réellement


Le faible courant des passants et promeneurs s'étiolait à mesure que la température descendait sur cette face de la Lune et que le ciel obscur s'assombrissait encore, les rayons du soleil s'effaçant à l'horizon.
La nuit se promettait particulièrement obscure : la silhouette massive de la Terre se profilait à l'opposée du crépuscule, promettant de masquer temporairement les étoiles.
S'effaçant des pas d'une hellénite pressée de trouver un abri au froid nocturne, Zenon Vasz reprend sa marche. Sa blouse ordinairement blanche est teintée de bleu-vert à l'instar de la pointe de ses bottes. Il revient d'une longue, très longue randonnée dans les plaines lunaires.
Sa promenade est cependant terminée. Il sait où il se dirige.

La façade ornée de végétation d'un discret pavillon attire finalement ses pas. La porte, s'étant refermée derrière un couple l'ayant contourné d'un air incrédule quelques instants auparavant, se rouvre sur son passage, et donne sur une cour intérieure. Profitant de la fraîcheur prononcée, des toiles fixent absentément leurs visiteurs disparus.

Zenon embrasse d'un regard la disposition des lieux, avant de décider de son parcours. Il est bien moins rare de trouver des peintres abstraits ou impressionnistes sur la Lune, comme leur développement technologique semble avoir toujours préféré le faste de l'ouïe ou du toucher au sens cru de la vue ; et les toiles réalistes l'entourant le font se questionner sur le message de leur auteure.
Cependant, de par le passé de celle-ci, il soupçonne la contemplation, l'isolement, ou simplement l'ennui comme motifs créatifs.
Sa vision se détériorant au fil de son nez, il y ajuste son lourd masque métallique de la paume de la main. Rester si longtemps sur la Lune ne pouvait se faire sans précautions, sans quoi il aurait sans doute explosé quelque part dans le cratère Kepler ; et il s'est surpris à sortir de plus en plus souvent dans des lieux civilisés depuis quelques mois. Cet appareillage ne pourra que se montrer utile dans le futur... Bien qu'il puisse certainement y apporter quelques améliorations ergonomiques et techniques par le futur. En réduisant son poids et on épaisseur, premièrement.

La patine du tableau lui faisant face lui rappelle quelque peu les œuvres classiques terriennes dans son homogénéité. La pâte, étalée et marquée, illustre le travail de l'auteur, mêlé à une attention du détail tranchant avec le relief donné par le pinceau.
La plupart des toiles représentent des paysages ou des portraits. Deux éléments singulièrement intangibles sur la Lune. Le temps de création de ces œuvres offre un paradoxe intéressant avec l'impression de capture qu'elles lui donnent. Y a-t-il quelque chose à capturer un instant infini ? Son détail, donc son intimité, conclut intérieurement le scientifique, juste à temps pour être abordé par l'artiste dont il détaille les toiles.

" Vous n'êtes encore jamais venu. Je peux vous aider ?"

Zenon ne tourne pas le regard, mais offre son oreille à son interlocutrice d'un léger mouvement de tête. Il adopte un ton doux et vieillot, frôlant le sénile.

" Oui... Dites-moi, que représente ce tableau-ci ?

Une plaine bleue, masquée par la façade bombée d'une maison de campagne lunarienne. Une barrière en bois se désagrège vers la droite, laissant place à un chemin disparaissant derrière les feuillages agricoles.

- Malgré mes promenades, je ne me rappelle pas avoir vus de champs proches. Vous voyagez beaucoup pour peindre ?

Plongeant sa main sous sa blouse et dans la pochette de son veston, il ajoute en souriant poliment :

- Quel est le prix de cette oeuvre, aussi ? Je pense qu'elle fera une très belle fenêtre sur cet extérieur que vous avez vu, chez moi."

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Dim 25 Juin - 21:53
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Sujet: Re: Ils te jugeront de toute façon, alors laisse-les te juger pour qui tu es réellement • ft. Zenon Vasz

maison    



▬ 550 mots
fin Septembre 2099, agglomération de Lunaria, domicile de Willow Blume.


Elle était mal à l’aise. Beaucoup trop mal à l’aise, à vrai dire. Il dégageait de cet homme quelque chose d’amer et de profondément angoissant. Et son masque n’y était pas pour pas grand-chose. Ses yeux cachés – et son masque la terrifiait d’ailleurs de plus en plus alors qu’elle le fixait – semblaient tout voir, même à travers elle. Quelle ironie pour une télépathe.

Sa voix chevrotante paraissait aussi cacher quelque chose, mais elle ne pourrait pas mettre le doigt dessus. Elle venait seulement de le rencontrer, après tout.

" Oui... Dites-moi, que représente ce tableau-ci ?" la questionna-t-il.

Elle haussa les sourcils, les fronça aussitôt, et pencha la tête, comme elle faisait souvent lorsqu’elle était pleine d’interrogations. Elle ne savait pas comment prendre cette question. Peut-être qu’elle était paranoïaque, et que c’était juste un homme étrange qui s’intéressait aux peintures. Elle regarda l’œuvre, et d’une voix monocorde, elle la désigna d’une main, l’autre sagement rangée dans son dos.

" Et bien… à première vue, commença-t-elle lentement en développant un sourire peu sûr, c’est une petite maison de campagne. A vrai dire, c’est la maison dans laquelle j’ai vécu avec ma famille lorsque j’étais enfant."

" Malgré mes promenades, je ne me rappelle pas avoir vus de champs proches. Vous voyagez beaucoup pour peindre ? "

Excellente question. Elle se redressa un peu, ravie de pouvoir discuter de ce qu’elle aimait faire. " Les paysages que je peins n’existent que rarement. Il est vrai pour beaucoup d’entre eux qu’il s’agisse d’une représentation de quelque chose de réel, comme ici, ma maison d’enfance, mais j’y ajoute personnellement une touche de fiction. Les champs que vous voyez n’est en fait qu’une étude que j’ai effectuée après avoir lu un tas de bouquins sur l’agriculture. Pour tout vous dire, je ne me promène pas tellement plus loin que le centre-ville de Lunaria", fit-elle avec une pointe d’amusement dans la voix. "J’ai travaillé la maison d’après nature – à cette occasion je suis allée plus loin que d'habitude, en effet – et ai complété le tableau dans mon atelier par des études photographiques et littéraires."
Ce qu’elle ne disait pas, c’était que la maison de son enfance était complètement à l’abandon, et les champs n’étaient en réalité qu’une poignée de maisons biscornues aussi abandonnées que l’autre.

Oui, les paysages qu’elle peignait n’était que sa vision utopique du monde, sans qu’ils ne deviennent trop surréalistes. Les visages qu’elle peignait était empreints, du mieux qu’elle le pouvait, des expressions qui la touchaient le plus.

« Quel est le prix de cette œuvre, aussi ? Je pense qu'elle fera une très belle fenêtre sur cet extérieur que vous avez vu, chez moi."

Willow l’observa avec des yeux ronds.

" Vous êtes sûr ?" Elle se reprit, consciente de sa gaffe. "Je veux dire, vous n’avez vu que ce tableau, et…" Mais sa voix mourut.

Peut-être qu’elle n’avait pas eu si tort de se méfier, finalement. Personne n’achetait un tableau aussi vite, et sans avoir fait le tour de la collection, à moins de n’avoir un motif de visite tout particulier. Willow se tendit visiblement, mais tenta de ne faire comme si elle n’eut rien saisi. Sa mâchoire était serrée et ses yeux fixés sur l'inconnu. Son esprit tournait au ralenti.

" Celui-ci est à 400 crédits. Le prix est négociable, mais pour un format aussi important, et pour un tel nombre d’heures de documentation et production, je ne pourrai pas descendre bien plus bas que 300." Elle déglutit. " Voulez-vous régler à l’intérieur ?"



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Mer 28 Juin - 21:21
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Sujet: Re: Ils te jugeront de toute façon, alors laisse-les te juger pour qui tu es réellement • ft. Zenon Vasz


Ils te jugeront de toute façon,
alors laisse-les te juger pour qui
tu es réellement


" 400 crédits ?"

L'homme tourne son visage vers la jeune lunarienne, la main en suspens, plongée sous sa blouse. Son air confus sonne faux, il le sent - il sent ses sourcils, crispés vers l'intérieur, creusant son front dans une expression qu'il ne parvient à contenir.

" Vous n'allez pas priver un vieil homme de son argent... ?"

Un rire s'échappe de sa gorge serrée. Il s'incline mentalement et reprend un ton qui lui est plus habituel.

" Oh, bon. Je me moque de toi, ça se voit comme le nez au milieu du visage. Ne rentrons pas tout de suite, promenons-nous dans cette galerie que je n'ai même pas vue, comme tu le dis.

Le scientifique commence sur ces mots à s'éloigner. Il enchaîne en pointant du doigt sa destination - un portrait d'une femme sur un fond brun neutre, la chevelure emmêlée et l'air soucieux, peut-être hagard. Sa carte de crédit libérée de la poche de son veston brille et s'agite entre ses doigts.

- Étrange manière de dépeindre les visages. Surprenamment externe, pour une artiste pourvue d'un tel don. As-tu peur que certains soient trop frappés par la trace de leurs émotions sur leurs visages ? Que le réalisme de ton trait cimente leurs sentiments dans le réel, peut-être ?

Arrivé devant le tableau, il s'arrête, souriant, attendant que son guide le rejoigne.

- Ou répression de son pouvoir, probablement. Ces paysages découpés, ces collages que tu décris reflètent une drôle de réalité, Willow Blume. Une réalité que tu préfères créer plutôt que d'aller la chercher là où elle naît : dans la tête des gens."

La nuit lunaire finit de s'étendre sur le ciel vide d'étoiles. La Terre masque toute lumière céleste ; les lampes de jardin sont seules à dispenser un éclairage précaire, trop juste pour profiter pleinement des œuvres de Willow.
Le docteur, déambulant lentement entre les toiles reste muet quelques instants, profitant du froid et du silence. Devant lui, un tableau vertical, les crêtes poussiéreuses d'un cratère lunaire lui-même ouvert sur une nuit obscure, mais piquetée d'étoiles.

" Sur ces toiles immobiles, je vois les circonvolutions fantastiques de Van Gogh. Peut-être avait-il un don, lui aussi ? Un tabou qu'il n'aurait pu que peindre, jamais communiquer. L'Histoire est peut-être parsemée de personnalités maudites comme lui, ou comme toi ; bien dommage qu'elle soit tombée en désuétude.
Allez, je ne te retiens pas plus longtemps dehors dans le froid, ta dernière cliente est partie depuis un bon moment. Mais je cherchais vraiment une toile en format paysage, il y a un mur aveugle dans mon laboratoire qui demandait à voir.
Mais comme tu t'en doutes, je suis surtout venu parler de ta télépathie. Préfères-tu en parler au chaud ?
"
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Mar 4 Juil - 20:56
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Sujet: Re: Ils te jugeront de toute façon, alors laisse-les te juger pour qui tu es réellement • ft. Zenon Vasz

monde    



▬ 1030 mots
fin Septembre 2099, agglomération de Lunaria, domicile de Willow Blume.

Lorsqu’elle était enfant, avant que son pouvoir ne devienne incontrôlable et bien avant que sa famille ne se rende compte de son manque de fiabilité, Willow aimait à écouter son père lui donner des conseils. A l’époque, elle était encore fille unique, et à un certain âge – huit ans – la petite Willow portait déjà grand intérêt à la vie et à ce qu’elle pouvait lui offrir.

Par chance, Willow n’était pas née d’une famille aristocrate, et par chance, les Blume n’étaient bourgeois seulement dans leur manière d’aborder la vie avec respect et sincérité. Elle avait eu droit à une éducation emprunte d’autorité, soit, mais pleine de vérité et d’objectivité. Ainsi, le père de famille, le soir plus fréquemment, profitait des gentilles soirées chaudes de l’été, ou devant le feu de la cheminée en hiver, en compagnie de sa fille. Et il jouissait de la soif de savoir de sa progéniture pour extérioriser toute la pression de la journée : il lui racontait le beau monde, celui dont elle rêvait la nuit, celui dans lequel elle voulait vivre plus tard.

Il avait d’abord été réticent quant à aborder ce qui leur faisait le plus défaut. Il vint pourtant rapidement au chapitre de la colonisation et du malheur qui s’était abattu sur les siens. Pourtant, les étoiles dans les yeux de Willow ne s’étaient pas éteints. Non, elle y voyait seulement la fatalité, et l’intelligence d’un autre monde, là-bas, sur Terre.

Les étoiles dans les yeux couleur nuit de Willow ne s’éteignirent que lorsqu’elle découvrit qu’elle ne pourrait jamais vivre dans ce monde-ci. Du moins correctement. Si les paroles douces de son père eurent un jour été « dans ce monde, ma fille, tu peux vivre avec de grandes ambitions. Ta mère et moi t’avons élevé de manière à ce que tu grandisses dans cette optique. Nous avons confiance en toi, tu feras une très bonne représentante de ce que peut être un Lunarien », elles n’eurent plus aucun sens lorsque « ma fille, désormais, je n’aurai plus confiance en toi ». Et ils s’étaient retournés, sombres, la laissant derrière eux, son petit nourrisson de frère dans les bras de sa mère contrariée.




Willow Maya Blume ne s’était jamais servie de ses pouvoirs. Quelle garantie chacun avaient-ils, toutefois ? Aucune. Mais Willow Maya Blume ne s’était jamais servie de ses pouvoirs.

" Oh, bon. Je me moque de toi, ça se voit comme le nez au milieu du visage. Ne rentrons pas tout de suite, promenons-nous dans cette galerie que je n'ai même pas vue, comme tu le dis. "

Son sang se glaça. Alors elle n’avait pas eu tort, au final. Mais la suspicion était forte dans sa tête à cet instant, et elle douta pour la millième fois de ce monde si beau que l’on avait compté à sa jeune personne. Elle avait eu quarante années pour ça. Avec hésitation et distance, elle le suivit. Subsistait ce petit intérêt survenu une minute plus tôt.

" Étrange manière de dépeindre les visages. Surprenamment externe, pour une artiste pourvue d'un tel don. As-tu peur que certains soient trop frappés par la trace de leurs émotions sur leurs visages ? Que le réalisme de ton trait cimente leurs sentiments dans le réel, peut-être ? "

Elle lui lança un regard mi-outré, mi-stupéfait. Suggérait-il l’idée qu’il sache qui elle était. Elle déglutit et cligna des yeux frénétiquement plusieurs fois, comme pour éviter d’échapper des larmes. Elle était interdite.

" Mais- Mais… Elle partit d’un rire nerveux. Je peux vous demander de quoi vous parlez ? "

" Ou répression de son pouvoir, probablement. Ces paysages découpés, ces collages que tu décris reflètent une drôle de réalité, Willow Blume. Une réalité que tu préfères créer plutôt que d'aller la chercher là où elle naît : dans la tête des gens. "

Si sa peau eut été réellement rosie par l’outrage, toute couleur s’était désormais enfuie, et son teint était livide. Trop blanc.

" Je-… Non. Elle savait qu’il était au courant, maintenant. Non, reprit-elle, vous vous trompez. Vous pensez peut-être qu’il faut lire dans la tête des gens pour être juste. Peut-être ne le suis-je pas sans aller fouiller vos neurones, mais des gens l’ont fait avant moi, et ils étaient si justes que leurs œuvres étaient de vraies sources scientifiques. Et ils n’étaient pas télépathes. "

Elle avait l’impression d’étouffer. Elle respirait par grands à-coups.

" Sur ces toiles immobiles, je vois les circonvolutions fantastiques de Van Gogh. Peut-être avait-il un don, lui aussi ? Un tabou qu'il n'aurait pu que peindre, jamais communiquer. L'Histoire est peut-être parsemée de personnalités maudites comme lui, ou comme toi ; bien dommage qu'elle soit tombée en désuétude.
Allez, je ne te retiens pas plus longtemps dehors dans le froid, ta dernière cliente est partie depuis un bon moment. Mais je cherchais vraiment une toile en format paysage, il y a un mur aveugle dans mon laboratoire qui demandait à voir. Mais comme tu t'en doutes, je suis surtout venu parler de ta télépathie. Préfères-tu en parler au chaud ? "

Elle porta une main automatique à sa sœur, dont elle frotta nerveusement le dessus. Elle le considéra gravement pendant près d’une demi-minute, avant de reprendre la parole. Elle n’était pas réellement à l’aise avec ce type, mais quelque chose dans sa tête la rendait complètement excitée à l’idée de discuter avec lui. Après Chokmah, et ce depuis près de trente ans, elle n’avait pu parler à quelqu’un de ça.

" Nous verrons ce qu’on peut faire pour votre mur si vous m’aider à ranger les toiles à l’intérieur, tout à l’heure. Entrez, et prenez à gauche. Le salon sera juste là. "

Elle se retourna et alla fermer le petit portillon de bois avant de presser le pas, de passer un dernier regard circulaire sur le jardin désert, décoré de toile invisible dans la noirceur de la nuit. Elle clôt la porte de la verrière, et celle de la maison, derrière elle silencieusement.



Elle le trouva installé dans le fauteuil, confortablement, les mains croisées sur ses jambes, et elle lui adressa un mouvement de tête en direction de la cuisine, de l’autre côté. " Je vous sert un café, quelque chose ? La discussion risque d’être longue. "

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Mer 5 Juil - 22:30
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Sujet: Re: Ils te jugeront de toute façon, alors laisse-les te juger pour qui tu es réellement • ft. Zenon Vasz


Ils te jugeront de toute façon,
alors laisse-les te juger pour qui
tu es réellement


Deux tasses fument, posées sur une petite table basse encastrée entre deux fauteuils. S'y font face l'hôte et son invité masqué, élevant prudemment la porcelaine brûlante par son anse jusqu'à ses lèvres.
Un instant, il semble détacher son attention de Willow Blume, elle-même crispée, au mieux anxieuse, quant à la conversation à laquelle elle a convié Zenon Vasz.
Celui-ci prend cependant le temps de profiter de la chaleur confortable des lieux et de la touche personnelle de son habitante. Une fenêtre crève le mur à sa droite sur la noire nuit lunaire, surmontant un carton rectangulaire et étiqueté, dévoué à protéger une toile jusqu'à ce qu'elle atteigne sa destination - un acheteur qui n'a pas daigné, ou pu, emporter l’œuvre en partant. Une baie vitrée se devine à droite, au travers de l'embrasure d'une porte entrouverte ; celle-là même que le docteur a traversée avant de s'installer dans le salon douillet de la peintre.

Zenon ne cherche pas particulièrement à stresser son interlocutrice plus que de mesure. Cela briderait ses réponses. Et puis, il aime laisser des silences dans les conversations, cédés à la réflexion.
Après avoir goûté au café léger de son hôte, il prend la parole, comme est la fonction de qui interroge.

" J'ai connu un certain nombre de profils vivant différemment leur télépathie. Des profiteurs et des voyeurs, il y en a ; mais après tout, la télépathie est relativement courante dans l'éventail des pouvoirs helléniques, et finalement, beaucoup se contentent de se passer de son utilisation, ou de le restreindre à une utilisation privée. Des autres, un bon nombre de lunariens apprennent à protéger leurs pensées au cas où. Savoir qui profiterait sans doute plus aux terriens, eux qui ne sont pas préparés à une visite mentale. Nous sommes moins - pacifiques que le commun des lunariens, et estimons avoir plus encore à cacher.
Quant à savoir si c'est vrai...


Le docteur sourit, se souvenant de quelques connaissances.

- Certains m'ont certifié que oui, mais personne ne peut se targuer d'avoir sondé tous les esprits.
En tout cas, peu le vivent mal, enfin - plus mal qu'une gêne. Je me demande un peu ce qui a pu encourager chez toi une peur si traumatique que te parler de tes pouvoirs suffit à te faire perdre tes couleurs.
Mais je ne suis pas venu enquêter sur ton passé, Willow. Je veux parler de ton don, dans ses détails - ceux que toi seule peut ressentir. La télépathie se divise finalement en beaucoup d'utilisations et de fonctionnements différents, du peu que j'ai déjà vu.
Ne crains pas d'y réfléchir librement, on m'a appris à surveiller mes pensées. Ce n'est pas toujours suffisant, mais devrait éviter à mes réflexions de t'envahir à la moindre distraction. Bien que j'aie cru comprendre que ton pouvoir était un peu plus indépendant que de coutume...


Partager ses problèmes aiderait à les supporter.
Zenon ne pense pas que beaucoup veuillent réellement partager quoi que ce soit de plus qu'une poignée de main forcée avec lui. Mais aussi, c'est de sa faute - son image ne tient qu'à lui. Il l'a cultivée dans ce sens, après tout.
Aussi rarement que ça lui arrive, il a du mal à décider si cette image va plus lui desservir, ou au contraire, la curiosité va-t-elle délier la langue de son interlocutrice.
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Mer 12 Juil - 18:05
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▬ 681 mots
fin Septembre 2099, agglomération de Lunaria, domicile de Willow Blume.

La plus jeune écouta son étrange hôte avec attention, non sans perdre cette petite flamme perçante de malaise et d’appréhension.

En effet. Willow savait qu’elle n’était pas seule sur la Lune à être dotée de ce maudit pouvoir. Elle le savait, et pourtant, elle n’avait encore jamais rencontré d’autres télépathes. Peut-être cela l’aurait-il aidé, car elle savait aussi qu’ils n’étaient pas comme elle : personne d’autre qu’elle ne devait s’en cacher. Peut-être l’un d’eux l’aurait rassurée, lui aurait fait comprendre qu’elle n’avait pas à être si effrayée de se dénoncer. Peut-être lui auraient-ils prouver que le monde en dehors de chez elle était plus tolérant qu’elle ne le pensait.
Ce n’était malheureusement pas le cas, et c’était sans doute la raison pour laquelle Willow ne se servait pas de ses pouvoirs. Elle comprenait tout à fait qu’elle eut pu s’en servir à des fins artistiques, comme l’homme devant elle l’avait déjà suggéré, ou même plus utiles pour la société.

Le fait était pourtant qu’elle ne s’en servait pas, car elle en était dégoutée. Quel plaisir y avait-il à fouiller la vie privée des gens ? Elle-même n’aimerait pas qu’on lise dans sa tête. Elle frissonna d’horreur.
Elle n’avait pas l’intention d’en expliquer en quelques matières que ce fussent à l’homme masqué, et ce, même s’il le lui aurait demandé. Pouvait-on réellement comprendre les risques et les condamnations d’un pouvoir sans en être l’hôte ? Elle haussa les épaules pour sa propre personne. Peu importait, à vrai dire.

« Ce n'est pas toujours suffisant, mais devrait éviter à mes réflexions de t'envahir à la moindre distraction. Bien que j'aie cru comprendre que ton pouvoir était un peu plus indépendant que de coutume... »

Indépendant. Elle sourit imperceptiblement à la remarque.

« Oui, commença-t-elle, indépendant est le mot. Elle regarda fixement les deux yeux de métal. Je ne contrôle pas mon pouvoir, à la base. Quand il a commencé à se manifester, je n’étais pas maîtresse du flux de pensées. Je n'ai pas découvert par hasard que je lisais dans la tête des gens. Je n’étais pas celle qui venait aux pensées : les pensées venaient à moi. »

Elle se gratta discrètement l’arête du nez, cherchant quoi dire. Il n’était pas vraiment anodin d’annoncer à un inconnu qui elle était. Ou même de l’annoncer tout court. Mais le fait était que bien qu’elle fût quelque peu angoissée devant un tel homme, elle ne pouvait pas empêcher cette étrange curiosité de s’installer en elle. Au fond, en découvrir plus sur ses aptitudes et partager ses doutes à quelqu’un l’excitait comme un enfant prêt à monter sur ses premières montagnes russes.


Par ailleurs, Willow n’était pas si loin de l’enfance et de sa naïveté. Si elle commençait bravement à s’intéresser à ce drôle de personnage, elle ne se doutait aucunement qu’il eut pu être plein d’intentions mauvaises, ou non.

« Je ne sais que bloquer le courant d’informations que mes pouvoirs me permettent d’absorber à tort et à travers. Je peux aussi choisir quelle ligne suivre, et donc n’entendre qu’une seule personne à la fois. C’est tout ce que je sais sur ma télépathie. Je ne sais pas si je peux entendre quelqu’un que je connais ou que j’ai déjà rencontré à distance, ni même si je peux parler à qui que ce soit. Je… n’ai jamais vraiment eu l’occasion d’essayer. »

Et elle était sincère. Elle aurait pu essayer de parler à Chokmah par la voix télépathique, mais le gaillard avait son pouvoir bien à lui : il avait été doté d’un bouclier mental. Ses parents n’avaient choisi son précepteur qu’avec attention et prudence. Ainsi, Chokmah étant la seule personne que Willow eut la chance de côtoyer, elle n’eut jamais recours à cette petite possibilité. Après tout, le vieux sage ne l’avait aidé qu’à grandir avec son pouvoir, et à en maitriser le maximum.

« Vous disiez que vous connaissez d’autres télépathes ? S’ils ne s’en cachent pas pour une bonne partie, et si l’on omet ceux qui s’en servent à mauvais escient, y en a-t-il qui utilisent leur pouvoir pour aider le gouvernement, ou des choses comme ça... ? »

Car si tel était le cas, Willow serait ravie d’en faire partie.

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Mar 18 Juil - 21:22
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Sujet: Re: Ils te jugeront de toute façon, alors laisse-les te juger pour qui tu es réellement • ft. Zenon Vasz


Ils te jugeront de toute façon,
alors laisse-les te juger pour qui
tu es réellement


Le docteur écoute attentivement son hôte tout en profitant du café chaud qui lui a été offert. La catégorisant - ce qui aurait pu être triste à avouer, sans le pragmatisme scientifique dont le chercheur Vasz fait preuve - mais épiant aussi ses tics et mouvements.
Ses doigts repliés sont maintenant franchement adressés à sa tasse, les extrémités aplaties sur la porcelaine. Ses épaules laissent encore deviner une certaine méfiance, contrastée par son regard plus souvent posé sur lui, comme s'il oubliait de chercher un refuge au sien. Sa crispation s'est installée dans son dos et ses genoux, l'ouvrant imperceptiblement à la conversation qu'elle craint encore. Prête à rebrousser chemin, mais malgré tout affamée par la curiosité.

" Vous disiez que vous connaissez d'autres télépathes ?

Les spéculations du docteur semblent s'avérer véridiques. Il tend l'oreille d'un léger mouvement de tête, son attention offerte à Willow Blume.

- S’ils ne s’en cachent pas pour une bonne partie, et si l’on omet ceux qui s’en servent à mauvais escient, y en a-t-il qui utilisent leur pouvoir pour aider le gouvernement, ou des choses comme ça... ?

Zenon s'autorise un sourire mi-figue, mi-raisin.

- Ceux qui aident les gouvernements ne sont pas forcément de ceux qui en font l'usage le plus moral, loin s'en faut. Mais outre cela...

Il lève un sourcil, abaisse sa tasse jusqu'à en survoler ses genoux.

- Je suis surpris que tu penches si rapidement de craindre ton pouvoir à vouloir l'utiliser, Willow. Ton excitation est sans doute justifiée - comme tu dois connaître bien peu d'autres télépathes ; mais en connaître ?... À quelles fins ? Pour les rejoindre ?

Le sourire du docteur revient, moqueur.

- Ou pour enfin en savoir plus ? Ce serait sans doute la meilleure chose à faire. En savoir si peu sur tes capacités ne peut que te handicaper.
Tu ne saurais sans doute pas même passer inaperçue... Enfin. Retournons à ta question.
Oui, je connais d'autres télépathes. Certains avec lesquels j'ai pu avoir à travailler. J'avoue ne m'intéresser de près à la télépathie que depuis assez peu, cependant. Tu es ma première visite.


Sourire aimable. La tasse retourne sur la table basse, et les mains sèches du scientifique se croisent sur ses genoux.

- Nous pourrions en parler plus vivement, si je te proposais d'explorer tes pouvoirs avec moi.
Je n'ai pas de don véritablement compatible avec le tien. Au contraire, sans doute ; plusieurs télépathes m'ont dit qu'ils souffraient de chaque excursion dans mon esprit. Je réfléchis trop, surtout quand on m'explore par surprise.
Pour cela l'on m'a donné quelques astuces pour réduire le fardeau que je pouvais infliger à ces télépathes, mais cela ne sauve guère. Et puis, ce n'est pas la question. Je veux en savoir plus sur ce don particulier. Toi aussi, semble-t-il ?


Le docteur jette un coup d’œil dehors. La nuit est béante et s'annonce glaciale. L'éclipse terrienne est dans son apogée ; pas un rayon de lumière spatiale n'atteint la rue qui lui fait face, et l'éclairage public semble se recroqueviller sur lui-même, conservant précieusement une diaphane lumière dans ses seuls alentours.

- Nous pourrions donc collaborer. Je t'aiguille, tu me racontes.

Le vieux chercheur laisse s'échapper un rire à peine audible.

- Je... J'avoue être venu chez toi par curiosité et pour retrouver ce Chokmah qui t'a servi de tuteur, à l'origine. Tes œuvres ont aidé à te mettre en tête de liste... Je ne m'attendais pas forcément à ton intérêt soudain.
Mais profitons-en, non ? Tu sais que cette curiosité subite risque de rapidement s'effilocher en lui laissant le temps. Si je te proposais un choix rapide ? Que nous nous revoyions dans un futur proche. Que nous parlions de ce que tu cherches.
Je ne m'intéresse qu'à ton ressenti, après tout. Tu as tout le choix du chemin à prendre pour affiner celui-ci. Le reste... Nous aurons le temps d'en parler lors d'une nuit moins noire.

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Ils te jugeront de toute façon, alors laisse-les te juger pour qui tu es réellement • ft. Zenon VaszVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
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